Et si prendre soin de soi était un acte citoyen.

Il y a quelques mois, une personne m’a demandé pourquoi j’avais choisi d’être masseuse. Sans réfléchir, je lui ai dis que c’était sans doute parce que je préférais être entourée de gens qui vont bien. Ce à quoi elle m’a répondu : « Ah ! C’est politique alors ! » Cette réponse, à ma phrase lancée bêtement, m’a interpellée. Je n’avais jamais imaginé ma pratique sous cet angle … Et si finalement prendre soin de soi était un acte citoyen.

Je vous passe le couplet sur le bonheur, le sourire… sont contagieux. C’est évident, c’est plus agréable d’être en compagnie d’une personne de bonne humeur, plutôt que d’une personne grincheuse. Mais, même pour le bien de tous, on ne peut pas garder le sourire tout le temps, et être toujours positif-ve. Parfois nous ne nous sentons pas bien, c’est parfaitement normal, et nous avons pleinement le droit de l’être. Prendre soin de soi, c’est cela aussi, identifier notre état émotionnel, et agir en conséquence. Prendre soin de soi relève pour moi de la connaissance de soi. Connaître ses besoins, ses ambitions, ses valeurs, ses points forts, ses points faibles … nous permet de nous construire une vie équilibrée, épanouissante et par conséquent, nous apporte le bien-être.

Quant à la notion de citoyenneté, je vais m’aider de cette définition: « c’est le statut juridique qui permet à un individu de devenir citoyen. La citoyenneté donne accès à un ensemble de droits politiques, tout en créant des devoirs, permettant de participer à la vie civique d’une société ou d’une communauté politique. » La façon dont nous allons faire valoir nos droits et devoirs, mais aussi nos comportements, et décisions, ainsi que la manière dont nous utilisons les biens et services mis à notre disposition par la société, impactera la vie des autres citoyens.

Prendre soin de soi en respectant nos idées, nos valeurs, nos besoins changent considérablement notre mode de vie, et de consommation. Nous nous laissons moins abuser par ces publicités, nous promettant l’accès au bonheur. Nous devenons plus critique vis à vis de certain-e-s praticien-ne-s, personnes qui semblent savoir mieux que nous ce qu’ils nous faut. En s’adressant à des entreprises, des artisans, des praticiens, associations… qui ont la même éthique que nous, nous leur permettons de faire évoluer et grandir leurs initiatives. Ce qui par conséquent, nous permet de vivre dans un environnement qui nous ressemblent plus.

Ces lignes peuvent paraître pleines de bons sentiments. Ces idées pourraient être reprises dans ces pubs qui abondent et font du covid un objet marketing, récupérant des valeurs qui semblent donner un sens moral à ces grandes entreprises, qui en sont pourtant dénuées. Je ressens de la colère en écrivant ce texte. Ces idées, dont je suis pourtant convaincues, sont banalisées, moquées, et réappropriées par certains à des fins fallacieuses. Je me sens idiote d’y consacrer un texte, et pourtant je l’écris. Sans nul doute, je suis une utopiste, c’est ce qui me permet d’avancer. Autour de nous, cela foisonne de beaux projets. A nous de les soutenir, et de les encourager selon ce qui nous tient à coeur. Alors, comment allez-vous prendre soin de vous ?