Se connaître grâce à nos sens.

Sur stimulés au quotidien par les images, les publicités, la musique, le bruit, les contacts inopinés dans les transports en communs…, on oublie que nos 5 sens sont surtout le premier filtre de notre perception du monde, lien entre celui-ci et notre intérieur et un excellent moyen de connaître son corps.

Nous nous identifions facilement à notre corps, pourtant nous entretenons une relation narcissique assez conflictuelle avec lui. Soigner notre apparence, prêter attention à l’image que nous renvoyons, comparer nos corps… Cette course à la perfection et à la performance nous incite à être insatisfaits et renforce ainsi nos complexes. Ajoutons à cela l’image mentale que nous nous faisons de nous-mêmes, déformées par nos émotions, nos souvenirs de moqueries ou d’appréciations de nos proches sur notre physique. Notre corps devient un outil de travail, de séduction, que le quotidien, la vie, le temps qui passe ne doivent pas abîmer. Il doit rester comme neuf. Cette pression sociale, nous coupe de nous-même et de l’autre.

En commençant à me former en massage, j’ai appris qu’on pouvait considérer son corps autrement. Comme un bien précieux, réceptacle de notre capital santé et siège de Soit. On s’aperçoit alors que notre corps est façonné par nos blessures, nos désirs, nos expériences. Qu’il est en parfaite harmonie avec notre histoire. C’est cela qui en fait sa beauté si singulière.

Pour se faire, il suffit de changer de point de vue. L’attention que nous portons sur notre exterieur, tournons la vers notre intérieur et réinstaurons un dialogue entre les deux. Comment faire ? Renouer avec sa sensorialité ! Les organes de nos 5 sens ont un rôle de récepteurs. Ils perçoivent un message sensoriel, envoient l’information au système nerveux qui la traite. En découlera une action adaptée répondant au stimuli. (Ex: vous posez la main sur une plaque chauffante, vous la retirez immédiatement pour éviter la brûlure.) Ces récepteurs sont appelés extérorecepteurs. Nous avons aussi les propriorecepteurs, responsables de la sensibilité de nos muscles, articulations, os, tendons, et les intérorecepteurs situés à l’intérieur de nos vicères. Plus notre sensorialité est stimulée, plus elle s’affinera et déterminera notre seuil de sensibilté. Ce seuil sert à activer le processus de traitement de l’information sensorielle par notre cerveau. Plus le seuil de sensibilité est élevé; plus la réponse au stimuli sensoriel sera longue. (Si on reprend notre exemple de la main sur la plaque chauffante, cela signifie que si votre seuil de sensilbilité est élevé, vous mettrez plus de temps à retirer votre main. Par conséquent la brûlure sera plus importante.) Etre à l’écoute de nos sens, c’est être à l’écoute de nos besoins (faim, soif, repos…), de notre corps (tensions, douleurs…), de nos envies, de nos émotions, nous évitant ainsi des situations physiques, émotionnelles très inconfortables. C’est aussi mieux nous connaitre, ce qui nous permet de prendre des décisions plus justes, et d’avoir de meilleures interactions avec notre environnement.

Le corps est un terrain de jeu, explorer sa sensorialité permet de découvrir toutes nos possibilités et ressources. Nous avons toutes les réponses à nos problématiques. Nous avons juste besoin de nous recentrer sur nous pour les trouver.